Il

Il ne dit mot. Il écoute. Il semble s’isoler au milieu de la foule hurlante et trépidante. Et pourtant…
Il ne se contente pas d’être là, ses cheveux bruns volant au vent qui emporte les clameurs et les lui ramène en vagues mugissantes, il n’est pas seulement impassible et vigilant comme un guetteur dans une nuit d’orage et de tonnerre, il existe par le plus infime de ses gestes, par les pans de son long manteau brun qui flottent autour de lui comme un oriflamme et se rabattent en claquant sur ses cuisses, par son regard vert qui vous perce jusqu’au fond de l’âme et cingle vos mesquineries ou vibre comme la corde d’un violon en croisant un regard ami. Il existe par sa façon de se tenir. Il avance dans la vie comme un prince sombre dans son royaume, d’un pas lent mais sûr, écrasant sous sa semelle les ennuis comme des feuilles mortes, portant loin le faisceau de ses yeux d’émeraude, accordant à toute chose et tout être une attention bienveillante.
3/12/09