Correspondance

Publié le par GALET


    N'allez surtout pas penser que je copie les "Triades" de Quichottine ! J'adore ce qu'elle écrit, et ne me prive pas de le lui dire. Dans un commentaire, j'avais évoqué avec elle ces trois "cartes" écrites en Atelier. Les photos originales, tirées au sort, avaient été découpées dans des magazines, les textes ont ensuite été photocopiés, d'où la piètre qualité des illustrations d'aujourd'hui, mais j'avais beaucoup aimé ce moment de rêve...

Nanou1er décembre 2007

   Mon chéri,

   Voilà maintenant un mois que tu es parti. Nanou a été très fière que tu l’accompagnes à l’école, avant de rejoindre ton régiment. Elle n’a pas compris que tu partais faire la guerre, mais a beaucoup aimé que le petit Pierre te compare à GI Jo.

   Je lui ai expliqué que tu allais t’occuper de petits enfants comme elle, très loin, et je lui ai montré une petite tache de couleur sur la carte.

   Je souhaite que le ciel au-dessus de vous, de toi, reste bleu comme ton casque, bleu comme tes yeux, bleu comme l’espoir.


1er mai 2008

   J’ai choisi cette carte pour toi, et en même temps j’ai peur de te faire envie, de créer fraisesun manque.

   Te rappelles-tu lorsque nous allions cueillir les fraises sauvages au bord de la rivière ? Et quand nous faisions des ventrées au fond du jardin de mon grand-père, et que grand-mère faisait mine de gronder, parce qu’il n’en restait plus assez pour une tarte ?

   Il faut voir notre Nanou, barbouillée de jus, les doigts collants de sucre : tout ton portrait à son âge.

   Je vais essayer de sauver quelques paniers pour faire de la confiture, et je t’en enverrai. Nanou a promis de dessiner les étiquettes.


école1er décembre 2008

Un an déjà que tu es parti. Je n’ose plus parler de la date de ton retour, tant je crains qu’elle soit encore repoussée.

Nanou tient à ce que j’écrive sur cette carte qui représente notre école, son école. Je n’aime pas cette photo : trop de volets fermés, pas assez de vie. Le photographe aurait dû venir à la sortie des classes, mais n’est pas Doisneau qui veut !

Ici le ciel est gris et bas, et il fait froid. J’ai dit à Nanou que là où tu habites maintenant, il y a du soleil, du sable et pas beaucoup d’eau. Elle a raconté çà en classe et la maîtresse leur a parlé du Darfour.

1er décembre 2008

 

 

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Publié dans L'atelier

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V
<br /> ds ces moments où on parle de ceux qui sont morts au loin, ces cartes sont encore plus émouvantes.J'imagine les familles les ressortir, les relire sachant qu'il n'y en aura plus d'autres. VITA<br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Comme il paraît qu'il n'y a pas de hasard, ce sont ces photos que j'ai tirées au sort, à un moment où j'étais un peu concernée par un autre ailleurs aussi en ébullition...<br /> <br /> <br /> <br />
Q
<br /> C'est vrai que tu m'avais parlé de ces trois cartes...<br /> Tu sais que tu es terrible, toi, tu n'oublies rien. Mais qu'est-ce que tu as bien fait de ne pas oublier !<br /> <br /> Ces trois cartes sont magnifiques.. toute une vie à trois temps... une année parcourue dans un monde où il faut trouver de petits bonheurs pour compenser l'absence.<br /> <br /> Et, vois-tu, si proche de la réalité, et si parfaitement réussi... un immense défi qui émeut, profondément.<br /> <br /> Merci !<br /> <br /> Passe une douce journée. Je t'embrasse très fort.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Tout est bien rangé... Il suffit de trouver ! Les mots ont coulé comme l'encre du stylo, parce que la période était sensible aussi près de moi.<br /> <br /> <br /> <br />