Mareotis

C'était au temps d'un romantisme juvénile, bercée par Lamartine, Lecomte de Lisle, éblouie par Delacroix, Praxitèle, Michel Ange, dévorant Pierre Benoît...
La pesante chaleur et les parfums d'encens,
La musique vibrante de la lyre de Charmion,
Le bruissement confus des ailes des hérons
Bercent Cléopatre incendiée du Couchant.
La main brune de la divine maîtresse
Lisse le poil soyeux d'un jaguar et le presse,
Et la terrible bête mollement étendue
Trésaille de plaisir et lèche le bras nu.
Une esclave auprès d'elle sagement accroupie
Tresse des roses rouges venues d'Alexandrie
Pour Césarion, le prince, sur sa couche endormi.
Et les yeux dans le ciel obscurci et brillant
La reine de l'Egypte pense en souriant
A Rome et à l'Imperator vaillant.
14/3/1964
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