Vendredi 24 février 2012
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Trois consignes sur le thème classique de l'inventaire, dont celle de réécrire le poème de Léo
Ferré, "Le testament" :
…Je te laisse ici l’inventaire
De ce que j’ai mis de côté :
Quelques caisses de grands vins vides
Dont les sœurs m’ont coûté ces rides,
Une maison au toit qui fuit
Avec sa cheminée pleine de suie,
Un portrait de mon arrière-grand-mère
Dont la fortune n’était que chimère,
Une invitation pour un concert,
Ma collection de boîtes de camembert,
Mes factures, tous mes impayés
Et mes emprunts non remboursés,
Un bouquet de roses en plastique,
Ma vieille tenue de gymnastique,
L’adresse de mon docteur
Si la mort ne te fait pas peur,
Quelques livres de philosophie
Si un soir le sommeil te fuit,
Une vieille coquille d’escargot
Et mon pot à mégots,
Une chaise à trois pieds,
Une cocotte en papier,
Une montre sans aiguilles,
Ma recette de l’anguille,
Les trous de mon béret
Et beaucoup de regrets.
Ramasse tout cela,
Fait un grand feu de joie :
Qu’il ne reste rien
Si tu me veux un peu de bien.
C'est drôle, je m'aperçois en centrant ces mots, qu'ils donnent un peu la forme
d'une urne...
Ce que nous laissons derrière nous peut avoir de l'importance pour ceux que nous aimons et qui nous le rendent bien.
Tu vois, je n'ai que quelques objets de mes parents, une lettre de chacun, quelques bijoux retrouvés, quelques photos (il y en avait peu en ce temps-là), une vieille armoire vide... Mais des souvenirs que je ne voudrais pas perdre.
La mort ne me fait pas peur, mais l'oubli, oui.
J'aime bien ton inventaire, Galet.
Je me demande parfois si pour faire son deuil de ceux qui nous quittent il faut ne rien garder.
Je t'embrasse très fort.
Que ta journée soit douce, Amie.
J'ai, moi, plein de souvenirs matériels récupérés de façon inattendue que je te raconterai peut-être un jour, mais je crois que le plus important, ce sont les souvenirs du coeur. Il est impressionnant de voir que ce sont ceux qui survivent quand tout sombre. Et je trouve étrange ce sujet récurrent depuis hier... Je n'ai pas non plus donné les consignes... Je t'embrasse.
Si, cette fois-ci, je ne donnais pas la consigne, chacune écrivait son texte. Je revendique donc ce legs !
L'oubli, dit Q. fait peur, pourquoi, nous faisons de ttes façons partie du tout et sommes un de ces grains de sable qui font le rivage, il n'y a pas d'oubli. VITA
Si, on peut être "oublié" des personnes qui nous sont le plus chères et c'est le plus douloureux des oublis.
Je me fais si rare sur mon propre blog que j'avais oublié de te remercier de ta lecture ! Un peu de beau soleil breton ?...
Tu peux t'amuser aussi avec ces deux premiers vers, si le coeur t'en dit ! Contente que tu sois passée.
Passe une douce journée, Galet. Je t'embrasse.
Quelle belle et agréable pensée ! Ici, le soleil brille enfin, mais pour combien de temps ? Juste au moment où mon amie repart pour Vannes, après avoir encore une fois pesté sur le climat du Finistère ! Mais elle revient régulièrement...
Bises bleues et blanches (les nuages sont gais, aujourd'hui !)